Vostan, Gandzak, monastère Saint-Thomas
Ոստան, Գանձակ, Սբ. Թովմաս վանք
Vostan, Gandzak, monastère Saint-Thomas
Ոստան, Գանձակ, Սբ. Թովմաս վանք
Ոստան, Գանձակ, Սբ. Թովմաս վանք
Ոստան, Գանձակ, Սբ. Թովմաս վանք
Vanker
Սուրբ Թովմայի վանքը
Ce monastère est situé à 2 000 mètres d’altitude, sur la rive sud du lac de Van. On y accède assez facilement de nos jours par une piste carrossable qui conduit à un replat sur lequel a été édifié l’église Saint-Thomas. Selon la tradition, il aurait été bâti au Xe siècle par la famille des Ardzrouni pour abriter les reliques de Saint-Thomas. Ce complexe monastique est composé de l’église Saint-Thomas, de son narthex, de bâtiments conventuels, l’ensemble étant entouré d’une enceinte construite en 1671 pour protéger le monastère des pillages. De petites croix et des inscriptions sont gravées sur les pierres de la muraille extérieure côté sud. L’église Saint-Thomas est une croix inscrite dont le bloc absidal dépasse le mur oriental de l’enceinte, elle a été restaurée au cours du XVIe siècle. A l’intérieur, l’abside est flanquée de deux chambres voûtées en berceau. Le tambour et la coupole à coiffe pyramidale reposent sur des piliers surmontés d’impostes et de pendentifs. La décoration du monument est très sobre, seul le tambour comporte de simples moulures et des arcs brisés. Le narthex date du XVIIe siècle. Quatre piliers carrés supportent des arcs brisés, il communique avec l’église par une porte situé dans le mur oriental. Le portail d’entrée se trouve à l’ouest, la porte est surmontée d’un linteau encadré par des montants moulurés et des piliers doubles engagés. Le monument est très endommagé, même si sa structure semble relativement préservée, des brèches dans les murs affaiblissent sa stabilité, des pans entiers de la muraille sont effondrés, notamment au nord et au sud, les bâtiments conventuels ont totalement disparu.
Cimetière
Le cimetière du monastère de Gandzak, se trouve à l’extérieur de la muraille, sur le versant occidental qui surplombe le site. Plusieurs pierres tombales et des khatchkars sont éparpillés au sol relativement distants les uns des autres. Il semble que le cimetière ait été récemment fouillé et que certains khatchkars aient été déplacés et d’autres redressés, beaucoup sont brisés. La technique de sculpture utilisée est celle de la gravure, des blocs de pierre brute sont gravés et portent des inscriptions.
Levonian
Սուրբ Թովմայի վանքը
Après avoir pris la direction du nord depuis Loussabdough, nous bifurquons vers l’ouest et, le long d’une route côtière qui longe le lac de Van, nous atteignons en une heure et demie environ le pied d’une montagne, aux abords du village de Gandzak. Nous grimpons ensuite pendant une quinzaine de minutes pour atteindre le monastère de l’apôtre Saint-Thomas, situé sur un plateau dominant les eaux bleues du lac. Ce monastère bénéficie d’un emplacement et d’une vue exceptionnelles. Face au monastère on aperçoit au loin les monts de Varag et d’Artos. Un bras de terre descend ver le lac et forme une vaste baie où les navires trouvent refuge en cas de tempêtes. Une autre partie, s’avançant également vers la mer, ressemble au cou et à la tête d’un chameau, que l’on appelle communément « Teveboyun ». On le voit, le museau plongé dans la mer, comme s’il cherchait quelque chose d’inconnu dans les profondeurs, en direction des îles d’Arter et d’Aghtamar. Une autre partie de ce promontoire est appelée « Gak’avoud », car on y trouve de nombreuses perdrix dont les cris, mêlés au bruit des vagues, créent une étonnante atmosphère. Le monastère Saint-Thomas fut jadis très prospère, grâce à son abbé, le père Thomas, père du célèbre maître Raphaël, martyrisé par les Kurdes l’année dernière. En cette sanglante année 1996, le même prêtre bâtisseur fut martyrisé, avec son courageux fils, par une horde kurde qui pilla entièrement le monastère, emportant tout son bétail et ses biens. Depuis ce jour, le monastère n’a toujours pas été retrouvé sa splendeur d’antan. Ses revenus proviennent de plus de 100 acres de terres arables, deux bosquets, 5 acres de pépinières, un fenil, de vastes pâturages, ainsi qu’un cheptel destiné à s’accroître. Tous ces biens ont été confiés à Aghtamar, par l’intermédiaire d’un vardapet. Ce monastère, situé à proximité d’Aghtamar, a un temps appartenu à la Prélature de Van, mais le dernier Catholicos de la Sainte Croix l’a acquis de la Prélature de Van pour 200 liras, et depuis lors, il est la propriété d’Aghtamar. Dans l’un des kondaks illustrés de ce monastère, il est raconté que les reliques de l’apôtre Thomas, rapportées d’Inde, où il était parti en mission, par ses disciples, furent d’abord transportées en divers lieux, puis amenées ici où une église fut construite pour abriter ses reliques dans l’autel de gauche. On raconte que sous le règne de Constantin le Grand et du patriarche Jacques de Constantinople, les reliques de saint Thomas furent découvertes en Mésopotamie, où son disciple Xantikos les avait rapportées d’Inde. Après la mort de Julien l’Apostolique, ces reliques tombèrent entre les mains d’incrédules. Un homme nommé Usuf, « ayant reçu une révélation céleste », les transporta dans la province d’Aghdzniats, en Arménie, à Bagh (où se trouve aujourd’hui une chapelle dédiée à saint au village de Hoghdz, face à la forteresse de Simkh. Il les déposa dans l’église où il se convertit lui-même. Quelques années plus tard, toujours sous l’influence d’une « révélation céleste », il les fit retirer de ce lieu et les transporta au monastère actuel, où une église fut plus tard construite par les princes d’Artsrunia. Ce monastère est mentionné dans les chroniques comme un magnifique établissement datant du XIVe siècle. Bien que ses fondations et celles de son église soient très anciennes. L’église a cependant subi plusieurs rénovations à différentes époques, comme en témoignent les inscriptions. L’église construite en pierres de taille, paraît simple de l’extérieur, sa coupole octogonale en fait un édifice élégant. Sur le côté sud, se trouvent deux chapelles supérieures dédiées aux saints Pierre et Paul. Sur la porte sculptée, l’inscription « Reine Élisabeth » en latin est visible. En 1903, l’évêque catholique d’Aghtamar, Arsen, fit retirer l’ornement en forme de lance et le renvoya à Akhtamar, le remplaçant par une simple croix. La tradition populaire rapporte que peu après, une femme, par une nuit de pleine lune, vint au monastère Saint-Thomas et annonça que l’apôtre Thomas exigeait par son médiation, l’ornement soit remis en place. Les villageois des environs se rendirent alors à Aghtamar et réclamèrent la lance au vicaire, qui la leur remit et ils la rapportèrent au monastère. L’église ne possède pas d’abside, mais des arcades supportées par des piliers insérés dans les murs sud et nord supportent la coupole. De part et d’autre de la nef se trouvent deux chapelles ; celle du sud abrite le tombeau de saint Thomas. L’église mesure 11 mètres de long, 7 mètres de large et environ 8 mètres de haut. Le narthex est également construit en pierres de taille, il comporte quatre imposants piliers en pierre et huit colonnes de brique, sur lesquelles s’élèvent les arcades. Les bâtiments adjacents au monastère sont également construits sur deux étages. L’ensemble, ainsi que l’église, est entouré d’une haute muraille conférant au monastère l’allure d’un château fortifié. On peut lire les inscriptions suivantes à deux endroits sur cette muraille : Côté sud : « Moi, l’archiprêtre Touma, serviteur et disciple du Catholicos Philippe, qui, au prix de grandes souffrances, grâce aux fruits de mon ministère et de mes homélies, ai fait construire cette muraille en l’an 1671 ». L’archiprêtre Touma, qui repose dans ce monastère était originaire du village voisin de Gandzak, il était réputé pour ses miracles. Côté ouest : « Moi, Yovanes … conseiller pour la construction du mur de Tamerlan (au temps de Timour), mon seigneur qui était un fléau pour le monde, j’ai accompli mon souhait. Que ceux qui se réunissent en ce lieu se souviennent… (1394)». Côté sud, on peut également lire : « (1311). Moi, l’abbé Hayrapet, j’ai construit le lieu de prière. Que ceux qui s’y réunissent aient pitié de moi ». Sur le tablier d’un vêtement liturgique on trouve l’inscription suivante : « À la mémoire du tablier d’Eleksan, fils de Mardiros, devenu vicaire de Saint-Jean-Baptiste en 1804 ». L’église du monastère abrite deux manuscrits. L’un, un « Yaysmavourk’ » enluminé et non daté. L’autre, un « Djachots », écrit en l’an 1336 du calendrier arménien de la main de Chohouor, à Ardjech. Ce manuscrit abîmé par endroits, présente de délicates décorations florales et des motifs d’oiseaux. À la fin, on trouve une dédicace, écrite en l’an 1360 du calendrier arménien, sous le règne du révérend David III, Catholicos d’Aghtamar (1346-1368). À l’extérieur des murs du monastère, se trouve le cimetière. Au sud, il y a le tombeau d’Usuf, mentionné précédemment, à côté duquel se trouve celui de sa mule qui avait transporté les reliques de Saint-Thomas. Elle fut consacrée et enterrée avec son propriétaire. Ces tombes, entourées d’un mur de pierre, sont considérées comme sacrées.



Monuments et sites…du lac de Van.
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